Tinariwen

 ₪ Tinariwen ₪
La naissance du groupe de Taghreft Tinariwen en 1982 est intimement le à la situation d'exil et d'errance du peuple touareg. Tinariwen est l'émanation même de cette diaspora. Ses musiciens sont tous originaires de l'Adrar des Ifoghas, réfugiés dans les années 1970 à Tamanrasset, dans le Sud algérien. Leurs poèmes chantent la nostalgie et incitent à l�éveil politique des consciences. Ils traitent aussi des problèmes de l'exil, de la répression et des revendications politiques. Le groupe s'est tout d'abord produit dans cette période d'exil, lors de soirées de la jeunesse ou de fêtes traditionnelles (mariages, baptêmes...)

Tina
riwen va ensuite évoluer peu à peu vers une formation complète, mariant tradition et modernité. C'est ainsi que les chanteurs se font accompagner par des choristes féminines pour se rattacher musicalement à la tradition des campements et adoptent le style des "guitares" pour affirmer son ouverture vers la modernité musicale.

Tinariwen est non seulement le premier groupe des ichoumar, mais aussi le plus connu. Le genre musical tichoumarin joue un rôle déterminant dans la reconnaissance culturelle de la jeunesse touareg. L'exil et la résistance sont d'abord les thèmes majeurs des ichoumar, mais au fil du temps, Tinariwen est devenu, par ses chansons, le symbole de la vie quotidienne au pays Tamacheq.

# Posté le samedi 01 octobre 2005 18:55

Modifié le jeudi 02 août 2007 15:55

ܤ Jimmy Oihidܤ

ܤ Jimmy Oihidܤ
Entre James Brown et le chaâbi, en passant par les Wailers, la route de Jimmy Oihid est pavée de prestigieux chemins de traverse. Chanteur exceptionnel qui refuse de se laisser enfermer (que ce soit dans un style ou dans une maison de disque), Jimmy est un combattant généreux, un type qui résiste. Un petit bonhomme avec un c½ur gros comme ça.

Jimmy O
ihid, c'est du concentré d'énergie dans un petit bonhomme dégingandé à la voix puissante. Toujours prêt à chanter pour les opprimés et pour la paix, se donnant à chaque fois avec une générosité sans borne, il bourlingue sans cesse. Et toujours avec le même enthousiasme.Son histoire commence par un vaccin mal dosé qui, au lieu de le prémunir de la polio, le contamine. A 6 ans, il se retrouve tout seul en France, à l'hôpital, loin de sa famille restée en Algérie. Il restera 13 ans en milieu hospitalier. Est-ce là qu'il a puisé son énergie, sa farouche volonté de se battre ? A force de l'entendre chantonner, les infirmières l'encouragent à persévérer. A peine sorti de l'pital, Jimmy (surnommé ainsi par les médecins parce qu'il était fan de Jimi Hendrix) décide de rester en France et de devenir chanteur. Pendant des années, il anime des boîtes de nuit à Lyon ("Sans Sécu et sans papiers, mais avec enthousiasme"). Un beau soir de 1987, il décroche une première partie de "Carte de séjour", groupe lyonnais mythique dont Rachid Taha était le chanteur. Sa voix exceptionnelle, son allant, sa volonté et son amour de la vie qui transparaissent à chaque note séduisent immédiatement le public. En 1990, il sort un premier disque "Vivre ou mourir" suivi deux ans plus tard de "Salam Aleïkoum" chez Musidisc. Mauvaise promo, peu de soutien, l'expérience lui laisse un goût amer (il leur a d'ailleurs intenté un procès pour se dégager de son contrat) et une volonté farouche de garder son indépendance. Il faut l'entendre rigoler des "majors companies", plaindre ses anciens collègues (Mami, Khaled) liés par tant de contraintes. Tant pis si la galère se pointe régulièrement à l'horizon. De toute façon les BMW, les chaînes en or, et les paillettes, c'est vraiment pas son truc. Lui, il aime la liberté, et s'il chante, c'est avant tout par passion et pour défendre... pour défendre quoi ? Jimmy n'est pas un verbeux, c'est un homme d'action(s). Aux longs discours fumeux, il préfère aller chanter dans les prisons ou dans les cités. Sans le clamer, mais sans le cacher non plus. Pour lui, c'est naturel.Mélange d'optimisme, de naïveté et de ténacité, Jimmy est un gars à l'emporte-pièce qui parle sans détour. "J'ai fait un concert à Vitrolles contre le Front National, racontait-il dans une interview. Les IAM (les rappeurs marseillais) n'ont pas voulu venir parce qu'il n'y avait pas de thunes à prendre ! NTM, ils ne pensent qu'au business. Et Doc Gynéco, c'est un exemple pour les jeunes ? Il est tellement défoncé qu'il a fait un disque avec Bernard Tapie...". Beuglant ses convictions même (et surtout) si elles dérangent, il n'a pas hésité à écrire une chanson-hommage sur Boudiaf, le président assassiné. Drôle de bonhomme avec une drôle de dégaine, doté d'un physique de rocker des sixties, Jimmy est toujours flanqué de son T-shirt de l'équipe de foot d'Algérie, ce pays qu'il aime tant. Et lui, que la vie a parfois malmené, prêche avec fougue l'amour des autres, la tolérance, le mélange des cultures (son guitariste est malgache et il a enregistré quelques chansons avec les Wailers). Le tout sans ménagements ni concessions.

# Posté le samedi 01 octobre 2005 19:13

Modifié le jeudi 02 août 2007 15:56

Souad Massi

 ► Souad Massi
On dit d'elle que c'est la Tracy Chapman du Maghreb. Loin de la vague déferlante du raï, Souad Massi, guitare en bandoulière, inspiration folk, apporte un son nouveau à la musique algérienne.

Souad Massi naît
le 23 août 1972 à Bab el-Oued, dans le quartier de Saint-Eugène d'Alger. Issue d'une famille modeste de six enfants, son père travaille à la Compagnie des eaux et écoute la musique traditionnelle algéroise, sa mère plutôt Brel et James Brown. Ses oncles sont jazzmen, ses frères musiciens. La petite Souad découvre d'abord les chansons du maître du chaâbi El Hachemi Guerouabi. Puis vient le rock dont ses cousins sont fervents et la musique américaine, le R&B et la pop qu'elle découvre au gré des passages à la radio. Naturellement têtue et rebelle, c'est alors un vrai garçon manqué et elle préfére jouer au football avec ses camarades que de s'occuper de tâches ménagères.

So
n frère aîné, qui est compositeur, va l'inscrire à l'association de l'Ecole des beaux-arts d'Alger pour y apprendre la guitare pendant trois ans. Elle suit des études de musique classique, de solfège et de musique arabo-andalouse. Ces années d'études lui apprennent la rigueur des compositions et le sens de l'instrumentation juste. Un ami qui possède une collection de vieux disques country des années 40 lui fait alors découvrir cette musique et elle va s'inspirer de la reine de la country music des années 80, Emmylou Harris, pour parfaire son style.

Triana d'Alger

En
1989, elle commence par arpenter les scènes, guitare à l'épaule. Parrallèlement, elle accompagne le groupe de flamenco Triana d'Alger avec lequel elle fait des spectacles et des apparitions à la télévision algérienne. Mais dans ces années noires de l'Algérie (94-96), rien n'est facile pour les artistes avec le couvre-feu, moins de lieux pour se produire et les salles de spectacles qui ferment les unes après les autres. Souad est alors découragée et prête à abandonner sa carrière.

He
ureusement, ayant suivi les conseils de sa mère, elle a passé son bac et obtenu un diplôme d'état d'urbanisme. Elle commence à travailler dans un bureau d'études d'urbanisme tout en écrivant et composant ses propres chansons, des poèmes d'amour souvent tristes.

Atakor

Elle qui adore le folk, la country, Kenny Rogers et Stevie Wonder est contactée par le groupe de rock algérois, tendance hard, Atakor. En pleine crise d'adolescence, elle devient la guitariste égérie du groupe, découvre AC/DC et Metallica, apprend le rock, la pop et joue dans les festivals. Le groupe sort une première cassette en 1997 qui atteint des records de ventes. Ce passage dans Atakor sera la thérapie dont Souad a besoin pour revenir à ses premiers amours musicaux.

Mais les affaires se compliquent pour Souad qui n'arrive pas à concilier vie professionnelle (elle continue de travailler dans son cabinet d'urbanisme) et carrière artistique. Elle décide donc de quitter sa carrière d'ingénieur.

Souad

En 199
8, Souad sort sa première cassette au titre éponyme sur le marché algérien qui renferme six titres où elle revient à la country music. Cette cassette est une oeuvre intimiste, à l'ambiance très folk et d'où se dégage le titre Bye Bye My Love aux couleurs des. bayous de la Louisiane, ballade country de haut vol chantée en arabe et anglais. Une vraie première en Algérie pour ce style de musique. En pleine vague de jeel music (pop orientale), Souad Massi fait preuve d'une originalité qui étonne, n'hésitant pas à pasticher le célèbre "Crocodile Rock" d'Elton John et à mettre une touche de flamenco de ses débuts dans un Tequiero (Je t'aime) à l'ambiance calypso-salsa. Auteur de ses textes, compositeur de ses chansons, Souad est toute étonnée d'attirer parmi son nouveau public, des quadragénaires amateurs de protest songs et qui avaient découvert Joan Baez dans les années 70 lors de sa visite dans l'Alrie socialiste.

Duos

Pour
se faire connaître auprès d'un plus large public, sa maison de disques l'incite à enregistrer des duos avec des artistes de son catalogue.

Le pr
emier est enregistré en 2001 avec Marc Lavoine sur le titre "Paris" de son album éponyme, un des grands succès de l'année 2002.

So
uad enregistre ensuite avec Ismaël Lô une reprise fort réussie de "Noir et Blanc" de Bernard Lavilliers.

Puis, e
lle reprend avec Florent Pagny "Savoir aimer", sur son album-compilation 2 dans lequel il réinterprète ses grands succès avec les plus jolies voix du moment.

# Posté le samedi 01 octobre 2005 19:36

Modifié le jeudi 02 août 2007 15:57

Mugar rencontre celto-berbère

 ♥Mugar rencontre celto-berbère ♥
La terra incognita de Mugar

Prenez trois flûtistes : Youenn le Berre, Michel Sikiotakis, Nasredine Dalil, Des flûtistes du genre fureteurs, curieux, partageux. Le premier issu de "Gwendal", le second de "Taxi Mauve", le troisième sommité du milieu musical berre. Des as de la flûte traversière, mais également des adeptes de la bombarde, de la cornemuse, du sax, du bendir, du karkabou... bref des oiseaux aux plumages chamarrés. Ajouter un combo de musique irlandaise, -"Broken String"- une combinaison de fiddles, flûtes irlandaises, biniou, bodhrán, tin-whistle, guitares. Ajouter une rasade de chant, épicer avec d'autres étrangetés du type ghaita ou t'bel et, à l'issue de ce "work in progress", vous avez une gourmandise acoustique qui invite à un voyage inédit. Car, avec Mugar (en référence au mot qui désigne un lieu de rencontre de caravanes dans le grand sud algérien) on est entraîné vers une contrée étrange, géographie hybride de paysages celtes et d'horizons berbères, terra incognita née du plaisir à retrouver les correspondances secrètes qui existent entre deux musiques enracinées dans des aires culturelles têtues. Ce mariage, que d'aucuns appelleront concept, pouvait accoucher d'un adroit collage comme la vogue des musiques du monde nous en proposent depuis quelques temps. Mais, rien de cela ici et, sans utiliser le terme trop galvaudé de métissage, reconnaissons que ce répertoire reflète la connivence et le plaisir qu'on des musiciens férus de partage populaire à jouer ensemble. Fondées sur des similitudes mélodiques berbero-celtes, les compositions pratiquent le cache-cache de la tradition et de la contemporanéité, le jeu de miroirs entre l'impro soliste et la démarche orchestrale. Et c'est avec une jubilation que notre équipage brouille les codes. Preuve par le vif de "l'effet" Mugar, ces concerts magiques à la Grande Halle de la Villette à Paris où de jeunes maghrébines dansaient dans le même mouvement un motif berbère puis un thème d'inspiration irlandaise pendant qu'un public celte était tout esbaudi de pouvoir partager un morceau de sa culture pour une fois bien au delà de l'arc atlantique.

# Posté le samedi 01 octobre 2005 19:55

Modifié le jeudi 02 août 2007 15:57

Alla

★ Alla  ★
Alla, de son vrai nom Abdellaziz Abdallah, est né le 15 juin 1946 à Bechar, métropole saharienne à 900 kilomètres de la Méditerranée.

Dern
ier né d'une famille de douze enfants, d'un père venu de Taghit (oasis située à 90 km de Bechar), et d'une mère originaire de Tafilalet, au sud du Maroc. Alla quitte à 15 ans les bancs de l'école pour commencer à gagner sa vie.

A se
ize ans, Alla fabrique son propre luth de fortune : l'universel instrument à cordes des gamins, à base de bidon, de bout de bois en guise de manche et de câbles de frein de vélo pour les cordes. Les copains du quartier sont son premier auditoire.

E
n 1972, Alla achète son premier oud (luth arabe). Il joue alors, comme tous ses pairs, des mélodies en vogue et, en général, du melhoun marocain. Mais, rapidement, il vole de ses propres ailes, se forgeant un style, explorant des horizons nouveaux pour arriver dans sa pratique de l'instrument à une sorte de synthèse entre le jeu oriental et le jeu africain.


En Algérie
, un producteur réussit à le faire entrer en studio pour y réaliser une cassette. Aujourd'hui, Alla ne l'accepte qu'à moitié : il a toujours eu une relation absolue, mystique, avec la musique. Longtemps, il s'interdit d'en faire commerce et de faire « carrière ».

La dém
arche d'Alla est faite d'improvisation au fil des soirées. Il ne se souvient jamais de ce qu'il a joué la veille ; son inspiration : « tout ce qui me fait mal ressort », dit-il. Un récital d'Alla ressemble à un rituel : on vient prendre le musicien et son luth, dans la maison familiale. Un soir comme tant d'autres, il est vingt heures lorsque la voiture d'un ami chauffeur de taxi emporte Alla vers Kenadza. Le soleil s'éteint sur la route droite. A l'entrée de la bourgade, on ne voit que les contours magiques du lavoir de la mine désaffectée et une locomotive miraculeusement préservée de l'usure du temps. La soirée se passe chez un ami, un médecin septentrional, installé dans le Grand Sud, et adopté par la population. Dans le grand salon, tout le monde s'installe sur des matelas posés sur le sol. L'assistance est exclusivement masculine, comme le veut la tradition religieuse dans le Sahara. Alla se met alors à accorder son luth, des heures durant.

Le plus ét
range est qu'il joue de son instrument tout en l'accordant simultanément, car, pour lui, accorder le luth n'est pas une simple opération technique. Au moment où il triture les cordes de son instrument, l'oreille collée aux sonorités, il cherche la voie, l'issue par laquelle il s'échappera.

Il
peut jouer seul ou accompagné. Il est capable de créer un orchestre dans l'assistance : jerricane, boites d'allumettes, ch½ur, balancement des corps... tout lui est bon. Le luth d'Alla peut prendre, au gde l'inspiration, les couleurs de la cithare, celles de la kora ou du guembri (instrument à deux cordes graves venu d'Afrique noire et popularisé dans les années 1970 par le groupe marocain Nass el Ghiwane.)

Déco
ulant de cette liberté d'improvisation, sa musique laisse entrevoir une modernité proche de l'esprit jazzy dans lequel une oreille occidentale classerait volontiers le musicien.

A
Bechar, jusqu'en 1968, la France reste présente par le biais de sa base militaire et à travers une vie culturelle importée : orchestres venus de métropole, bals populaires, bistrots...Une ambiance qui ne manque pas alors d'influencer les musiciens de la région. C'est ainsi que l'on peut voir aujourd'hui Hasna, cette fameuse vieille dame noire qui trône dans les mariages avec sa guitare électrique au milieu d'orchestres féminins. Bechar, où l'on peut assister aujourd'hui à des concerts de raï, où dans les années 1960, Boutheldja Belkacem, le Khaled de l'époque, vient d'Oran donner des soirées « Calypso ».

Dans sa v
ille, la musique d'Alla fait école et porte son nom : le foundou. De son vivant, le père d'Alla est d'ailleurs appelé Embarek Foundou, parce qu'il travaille à cette époque au « fond 2 » de la mine de Kenadza.

Le luthiste
va naturellement hériter du surnom paternel, avant de le léguer à sa propre musique (premier album).

Le deux
ième album d'Alla, Taghit, fait aussi référence à son géniteur, puisqu'il emprunte son nom à l'oasis dont il est originaire. De plus en plus gaie et malicieuse, sa musique sait prendre le temps du silence et de la réflexion.

La
mine de Kenadza, découverte en 1917, transforme cette oasis saharienne en pôle industriel cosmopolite. Le prolétariat accourt de tous les horizons, des hauts plateaux, de Kabylie, du Maroc. On y retrouve des républicains espagnols, des Corses, des Italiens et même des prisonniers allemands de la Deuxième Guerre mondiale... Cette oasis est dirigée par la plus grande confrérie de l'Ouest algérien, au sein de laquelle séjourne Isabelle Eberhardt.

A Ken
adza, on fête chaque année le saint patron de la zaouia, Sidi M'hamed Ben Bouziane, au son de la ferda, musique typique, ou du diwan, venu d'Afrique noire et dont Alla s'imprègne également. Le diwan est à l'origine une musique de transe profane puis devenue religieuse. Sa poésie mystique et ses versets coraniques chantés comme une litanie trouvent des adeptes jusque dans les grandes villes du Nord.

B
échar, en même temps que Kenadza, si proches, ont toujours connu une vie musicale diffuse, underground. En effet, il n'est pas de famille l'on ne touche à la musique, pour le plaisir, où l'on ne gratte un instrument. La proximité du Maroc, les alliances et migrations familiales effacent des frontières culturelles. Le chaâbi de Casablanca, la tradition du melhoun marocain (poésie lyrique amoureuse en semi-dialectal), puis celle du guiwane dans les années 1970 ne restent pas sans influence sur les habitants de Bechar. Alla se souvient des Bouchaïb El Bidaoui, Amar Zahi, Abdelhadi Belkhayat, et surtout du luthiste Brahim El Alami, qui ont constitué son environnement musical.

Il n'es
t pas exagéré de dire qu'Alla fait école. Ainsi, une multitude de jeunes, plus ou moins connus, s'inspirent de son style ou, plus exactement, de l'esprit de son jeu.

Une
improvisation au luth, à partir de quelques thèmes empruntés au musicien, un accompagnement rythmique avec des ustensiles de fortune, et par celui qui le désire, les longs silences impromptus, un égrènement aérien des sons, une derbouka grave et vibrante, frappée à la manière d'une tabla, le tout dans l'intemporalité, la plénitude des instants, des grands espaces... Depuis lors, à partir de Bechar, le foundou essaime.

Il
faut dire qu le nombre de cassettes enregistrées par les uns et les autres, au fil des soirées données par Alla, est incalculable. On en dénombre plus de trois cents entre 1980 et 1984. Le son du luth d'Alla ainsi circule dans son pays et au-delà des frontières.

Bernardo Bertolucci, tournant Un thé au Sahara, emporte des enregistrements d'Alla dans ses bagages.

199
2 représente un tournant dans la vie et l'itinéraire du luthiste. Cette année-là, il est invià représenter l'Algérie à un concert donné à l'Unesco. Contre toute attente, notre Saharien jette l'ancre à Paris.

Pour f
aciliter son installation dans l'Hexagone, l'artiste algérien consent à entrer en studio d'enregistrement, en 1993. Les deux albums suivants sortent respectivement en 1994 et 1996. Il se produit en concert à travers le monde, de Paris à Stockholm, en passant par Bel Horizente (Brésil) et Casablanca. Après le troisième disque, Alla reste délibérément silencieux. Il ne souhaite plus côtoyer un « milieu de requins ». En 2001, Lyndaris Production parvient à le convaincre de faire son retour ; il enregistre Zahra distribué par Night&Day.

Alla
demeure plus que jamais l'un des maîtres du luth, d'envergure internationale. L'un de ses pairs, l'Irakien Mounir Bachir, déclare un jour à un groupe de journalistes algériens : « mais vous avez en Algérie un luthiste exceptionnel, dont le jeu échappe aux schémas de la musique arabe ».

Celui
du nomade, sans espace précis...

# Posté le lundi 03 octobre 2005 13:36

Modifié le jeudi 02 août 2007 15:58