Robert Nesta Marley ALIAS Bob Marley

 ☆▲☆ Robert Nesta Marley ALIAS Bob Marley ☆▲ ☆
Superstar du Reggae et prophète rasta, Bob Marley reste une des principales icônes du monde contemporain. Disparu prématurément en 1980, il a transformé un style issu de la musique populaire jamaïcaine en un mouvement majeur.
Ph
énomène plutôt rare, Bob Marley est à la fois adulé du grand public, qui découvrit le reggae avec lui, et des connaisseurs les plus exigeants. Retour sur la vie et l'½uvre du Duppy conqueror.
"
Them belly full but we hungry/ A hungry mob is an angry mob/A rain a fall but the dirt is tough/ A pot a cook but the food no' nough"
Robert Nesta Marley naît le 6 février 1945 à St-Ann, dans la paroisse de Nine Miles. Fils d'un capitaine blanc de la marine parti une fois son forfait commis et d'une paysanne jamaïcaine noire, il découvre la difficulté d'être métisse, pris entre deux mondes qui s'ignorent. Adolescent, il quitte la campagne pour Kingston, comme beaucoup de jamaïcains que la misère poussent vers les villes. Pourtant, le travail y est rare et Bob vit à Trenchtown, sordide ghetto se concentrent la pauvreté, le crime et la crasse, dans une promiscuité bien peu poétique au premier abord. Là, il rencontre Bunny Livingston, puis Peter Mackintosh, comme lui passionnés de musique. Peter joue un peu de guitare et les trois amis chantent les tubes de Rythm'n'Blues entendus sur les radios de Miami.

Bo
b Marley enregistra son premier morceau, Judge not, à 16 ans, en 1961. Une industrie musicale commençait à se développer à Kingston, de façon désordonnée. Le taux de chômage était alors de 35 %. Il venait de laisser tomber son job de soudeur. Judge Not passe inaperçu mais Bob persiste. En 1964, il forme les Wailing Wailers
ave
c Peter Tosh et Bunny Wailer. Bientôt, ils signent un contrat avec le Studio One, le label de Clement "Coxsone" Dodd. Leur premier titre, Simmer Down, sera le tube de 1961 en Jamaïque. Devenus les Wailers, ils travaillent avec Leslie Kong, puis avec Lee "Scratch" Perry. A chaque fois la collaboration est fructueuse sur le plan artistique mais décevante sur le plan financier. En Jamaïque, les droits d'auteurs ne signifient pas grand chose, et même les chanteurs à succès ne parviennent pas, alors, à vivre de leur production. Les Wailers ne perçoivent que très peu d'argent tout en étant d'énormes vedettes locales. Cheveux courts, costumes chics, les Wailers jouent du ska et du Rock Steady. La compétition, alors, est rude. Pour beaucoup de jeunes du ghetto, la musique constitue un espoir de sortir de la misère. En 1971, la chanson Trenchtown Rock cartonne dans toute l'île.
J
usqu'en 66, d'ailleurs, la musique de Bob Marley reposait encore pour une très large part sur cette glorification du style de vie urbain des voyous jamaïcains. De Rude boy à Steppin' razor, l'hymne des caïds de Kingston chanté par Peter Tosh, en passant par Rule them ruddy ou I'm the toughest (aussi chanté par Peter, et repris par une foultitude d'artistes, dont Johnny Clarke et I-Roy), le jeune Marley assumait le style 'rocker' pour épater la galerie. Il faut attendre sa rencontre avec Mortimo Planno, figure tutélaire du mouvement rasta à Kingston, pour que Bob se laisse pousser les dreads et laisse tomber les bracelets cloutés. Peu après, Vernon Carrington – "Gad the prophet" pour les Rastas et fondateur de l'Eglise des 12 tribus d'Israël – poursuivit l'éducation spirituelle de Bob Marley, bien que la star se défendra plus tard d'avoir eu besoin de quiconque pour trouver sa voie (c'est bien naturel) :

"You
have to look inside yourself to see rasta. Every Black is a rasta, dem only have to look inside themselves. No one had to tell me. Jah told me himself. I and I look inside I self and I saw Jah Rastafari".

Gad révéla donc à Bob le secret des 12 tribus d'Israël, selon lequel chaque personne appartient à une de ces tribus en fonction de son mois de naissance. Pour Bob, c'est clair, il est né en février, donc il appartient à la tribu de Joseph. D'ailleurs, dans Redemption song, Bob se présente comme la réincarnation de Joseph, fils de Jacob : "but my hand was strenghtened by the hand of the almighty".

A la fin des années 60, les Wailers devinrent le premier groupe jamaïcain populaire à faire de la philosophie et des rythmes rastas le fondement de leur musique. Les Wailers avaient accompli un chemin musical et spirituel d'envergure, donnant naissance à un mouvement culturel original et infléchissant l'évolution du reggae comme aucun autre artiste. Depuis un titre comme Simmer down, (1964, morceau écrit par Bob Marley et enregistré au Studio One) où le jeune Bob Marley s'époumone sur un beat très ska avec un chorus reprenant le refrain, le groupe a imprimé une marque indélébile à cette musique.

"I a
nd I are of the house of David. Our home is Timbuktu, Ethiopia, Africa, where we enjoyed a rich civilization long before the coming of the Europeans. Marcus Garvey said that a people without knowledge of their past is like a tree without roots".

Bientôt, la plupart des stars du reggae devinrent rastas et, en retour, le reggae devint le principal vecteur d'expression de la culture rasta et de ses revendications. Des chanteurs comme Marley devinrent plus que des amuseurs. Ils étaient des révolutionnaires (revolutionnary workers) et des représentants des pauvres de Kingston, chez qui leur message arrivait par la radio, comme dans tous les foyers de l'île.

"Them belly full but we hungry/ A hungry mob is an angry mob/ A rain a fall but the dirt is tough/ A pot a cook but the food no' nough".

P
ar ces mots simples chantés avec une voix squelettique, Marley diffusa au sein du peuple jamaïcain des éléments de conscience politique. Il s'en prit au système raciste (skinocratic system) de la Jamaïque, qui plaçait les blancs en haut de l'échelle sociale, les mulâtres au milieu et les noirs en bas. Dans Crazy baldhead, il chante :

"Did
n't my people before me/ Slave for this country/ Now you look me with a scorn/ Then you eat up all my corn".

En 1967, Marley cessa d'enregistrer, quitta Kingston et retourna dans son village natal de St. Ann mountain. Dans ces collines, il conclut son engagement envers Jah Rastafari, donnant une inclinaison définitive à sa vie, à sa musique et au mouvement rasta lui-même. Pendant un an, Bob adopta le style de vie rasta. Lorsqu'il revint à Kingston à la fin de 68, il s'engagea dans le combat musical grâce auquel il demeure célèbre. Ironie du sort, Marley s'était isolé au moment où le monde changeait, où la jeunesse exprimait son ras-le-bol et son désir de nouveauté, comme si cet isolement avait été nécessaire, au milieu de la fureur, pour venir proposer aux masses occidentales une nouvelle spiritualité.

Les p
remières chansons à connotation religieuse de Bob Marley parurent en 1968. Il s'agit de Selassie I is the temple, Duppy conqueror, Small axe et Trench town rock.

# Posté le lundi 03 octobre 2005 14:14

Modifié le jeudi 02 août 2007 16:00

Manu Chao

  ☼  ☼  ☼  Manu Chao  ☼  ☼  ☼
En Amérique latine, le bonnet indien de Manu Chao est peut-être plus connu que le béret rasta de Bob Marley. Rebelle, libertaire, engagé : comme son cousin jamaïcain, Manu Chao est avant tout un homme proche du peuple. C'est peut-être cette humilité qui a forgé le succès international de ce Français virevoltant à travers différents styles de musique et sur différents continents.

Avec une
simple guitare dans les montagnes du Chiapas, sur une scène gigantesque avec quinze musiciens ou sous les flashes des photographes, Manu Chao reste toujours lui-même.

C
ela fait un peu plus de vingt ans que Manu Chao voyage dans la musique, en faisant escale dans des groupes plus ou moins illustres. A la fin des années 80, il était le leader charismatique de la Mano Negra, l'une des formations alternatives les plus populaires et les plus novatrices en France, qui avait déjà réussi à conquérir l'étranger.

Pendant hui
t années passées à la tête de ce collectif phare du rock français, Manu Chao a enchaîné les albums (quatre en studio, un en public) et les tournées-fleuves. Il a pointé son nez sur beaucoup de fronts musicaux, souvent avec l'appui de l'Association française d'action artistique (Afaa).

Inépuisables
artisans de dialogues musicaux Nord-Sud, la Mano et Manu se sont engagés sur les routes, les océans, le rail et dans les airs. Au printemps 1992, ils décident de frapper fort avec l'opération Cargo, qui va durer six mois. Pour célébrer à leur façon le 500e anniversaire de l'arrivée de Cristobal Colon (dit Christophe) aux Amériques, le groupe s'embarque, avec la compagnie Royal de Luxe (arts de la rue) et le chorégraphe Philippe Decouflé, sur un cargo dont la cale a été transformée en rue du vieux Nantes. Destination : tous les grands ports de la côte atlantique de l'Amérique latine, jusqu'à Cuba... Le succès est immense, le retentissement, mondial.

Un an p
lus tard, Manu Chao et ses comparses mettent à nouveau le cap sur l'Amérique latine. En hiver 1993, ils interrompent l'enregistrement d'un album pour aller se ressourcer en Colombie, avec toujours les mêmes recettes : un concert avec des musiciens locaux, des improvisations, une foule en délire et, parfois, un enregistrement rapide.

Drogué aux voyages

Ramon
Chao, qui se présente aujourd'hui comme le "père le plus célèbre du monde", les suit. Journaliste à Radio France internationale, ce Galicien d'origine écrit même un livre (Un train de feu et de glace, éd. Plon Histoire), qui retrace la vie quotidienne de ce "train de saltimbanques" conduit par son fils, qui trouve dans ce voyage un nouveau souffle d'inspiration. Ce sera la marque du quatrième album de la Mano, Casa Babylon.

D
epuis, Manu Chao n'a eu de cesse d'enchaîner les périples : Afrique, Amérique latine, Europe... Il se dit aujourd'hui "drogué aux voyages", s'avoue incapable de s'en passer et reconnaît sa chance de pouvoir obtenir un visa "pour partout ou presque".

"Lorsque l
a Mano Negra s'est séparée, en 1995, j'ai mis sept ans à m'en remettre. Ce n'était pas les planches qui me manquaient, mais j'avais besoin de changer de ville toutes les semaines. Les tournées, c'est fabuleux ! Mais c'est une drogue dangereuse, après on ne peut plus s'arrêter !", confie-t-il juste avant de finir une énorme tournée européenne avec son nouveau groupe, Radio Bemba.

Après la
fin de la Mano Negra, Manu Chao a repris la route, seul, avec pour bâton de pèlerin un studio portable et son enthousiasme pour capturer des bribes de vie sonores aux quatre coins du monde. "C'est de la chasse à l'instant, comme un petit travail journalistique", précise-t-il.

De ses err
ances musicales, Manu Chao a tiré deux albums, Clandestino puis Próxima estación : Esperanza, construits selon le même canevas : des sonorités simples et enfantines, qui se retiennent facilement, tissées entre elles pour transmettre une émotion profonde. Ses refrains répétés à l'infini, mêlés de mille bricolages sonores, touchent toujours juste. "Que hora son en Washington ?... Que hora son en Mozambique ?" ("Quelle heure est-il au Mozambique ?"), chante-t-il en espagnol avec un accent français, avant d'enchaîner des couplets en portugnol (mélange d'argots portugais et espagnol du Brésil), en anglais ou en français. Sur son dernier disque, en un seul cri plus puissant que mille mots, la voix de Manu transperce l'indifférence : "Denia Algeria".

Citoyen du présent

Aujour
d'hui, Manu Chao se veut "citoyen du présent" et témoin incessant des luttes contre l'oppression. Il a joué à Mexico, sur la place du Zocalo, devant 150 000 personnes venues pour le sous-commandant Marcos, puis à Gênes (Italie), en juillet 2001, pour soutenir les antimondialistes pendant le sommet du G8. Il se bat pour offrir des concerts gratuits, pour aider les causes qui lui semblent justes et chante encore "Pourquoi, même quand les gens s'aiment, il y a toujours des problèmes ?". A chaque concert, des milliers de personnes reprennent ses paroles en ch½ur.

Cependant
, succès et Manu Chao sont-ils compatibles ? D'un côté le chanteur est l'un des plus gros vendeurs de disques au monde, la presse se l'arrache, son visage et son bonnet s'affichent partout, y compris pour retapisser la station de métro Ménilmontant pendant une semaine - une première pour le métro parisien -, et de l'autre il refuse de devenir une icône et veut lutter contre la dictature économique mondiale.

"C'est
une gymnastique au quotidien, confie le chanteur. Je ne suis pas un symbole, je le répète tous les jours ! Les médias veulent me mettre dans des cases, les partis politiques tentent de me récupérer. J'essaie de séparer mon engagement de ma musique, mais c'est difficile, donc je gère cela au jour le jour. D'ici à quelque mois, je vais sérieusement réfléchir pour savoir si je dois continuer ou non de chanter. J'ai un public intelligent, mais je dois faire attention à ne devenir le pantin de personne."


En attendant de
prendre une décision concernant son avenir professionnel, Manu Chao reprendra la route, direction l'Amérique latine, avec peut-être un crochet par l'Inde "histoire de voir s'il devient bouddhiste !". Pour l'instant, le petit homme au bonnet andin n'envisage pas de vivre à nouveau en France, "à part peut-être à Marseille". Il garde son pied-à-terre à Barcelone, "un petit appartement sans salon, puisque le salon c'est le quartier autour, le bar d'en bas : le monde est à une volée d'escaliers". L'esperanza fait vivre...

~~~~~~La increible música de Manu Chao, una mistura de ritmos.....una sensación única. Descubrí los avances del lo vivido en la conferencia de prensa y el posterior espectáculo lleno de colores en pleno ~~~~~~.

# Posté le lundi 03 octobre 2005 16:00

Modifié le jeudi 02 août 2007 16:03

Jimmy Cliff

  ◊   ₪  Jimmy Cliff  ◊   ₪
Jimmy Cliff est né en 1948 à St-James, en Jamaïque, sous le nom de James Chambers. Ses premières influences musicales sont les idoles de son enfance, et comme souvent elles viennent des Etats-Unis : les grandes stars de la soul music mais aussi Bruce Springsteen, Paul Simon et ... les Clash ( ? ! !). Il sort son premier single à 14 ans après être allé au culot au shop de Leslie Kong et de lui avoir chanté acapella un texte qu'il venait de composer. Cette tentative se révèle fructueuse puisque Mr Kong le fait enregistrer dans la foulée « Hurricane Huttie », morceau dont les paroles traitent d'un ouragan qui a tout ravagé sur son passage. C'est le premier succès de Jimmy Cliff. Précisons d'ailleurs que l'époque est celle du ska et Jimmy est pris dans la déferlante de l'époque. Sa collaboration avec Leslie Kong va donner, en 1963, des tubes comme : « King of Kings » ou « Dearest Beverley ». c'est à cette époque qu'il va rencontrer un autre jeune chanteur : Robert Nesta Marley ! ! ! Jimmy Cliff aide ce dernier a enregistrer son premier titre « Judge not ».
Il est intéressant de noter que comme Bob marley, Jimmy Cliff va faire une rencontre déterminante en la personne de Chris BlackWell, le patron d'Island Records. Ce dernier va organiser une tournée mondiale qui va faire découvrir au monde tout le talent de Jimmy Cliff... il produit également les singles : « Wild Wild Worl », une reprise du hit de Cat Stevens, et « Vietnam ». Ce dernier fut considéré par Bob Dylan, comme un véritable hymne contre la guerre et ses atrocités. Parallèlement à sa carrière de chanteur, Jimmy Cliff écrit des textes pour des artistes comme Desmond Dekker ou les Pioneers.
Mais
c'est véritablement avec le film « Harder they come » où il interprète le rôle d'un rude boy qui va l'installer comme un des leaders du mouvement reggae. Ce ne sera pas la seule apparition cinématographique de l'artiste jamaïquain, mais en tout cas ce sera la plus remarquée.
Jimmy Cliff après avoir conquis les publics anglo-saxons et euroens va rencontrer un gros succès en Amérique du Sud grâce à une grande tournée qui le voit s'arrêter au Brésil notamment, mais également grâce à une chanson « Waterfall ».
Pourtant, malgses nombreux succès, sa carrière va être quelque peu éclipsée par le succès international de Bob Marley. Mais le Jimmy Cliff continue ses tournées mondiales en Afrique, Amérique latine, Europe le public est toujours au rendez-vous. Si certains critiquent sont côreggae variétés, la meilleure réponse de Jimmy Cliff est son impressionnante discographie qui réunit pas moins de 22 albums. En 1999, il participe au Tribute to Bob Marleyil interprète un duo avec la princesse de la new soul : Erika Badu. On attend avec impatience son retour en métropole...

# Posté le lundi 03 octobre 2005 17:16

Modifié le jeudi 02 août 2007 16:05

Winston Rodney alias BURNING SPEAR

Il semble régner un son caverneux au centre "Winston Rodney's voice" - un écho sépulcral venant du c½ur des choses, évoquant la cale des navires d'esclaves, les nuits noires des rafles d'esclaves. Quand il décrit les collines et vallées d'Afrique il se rappelle aussi les campagnes de sa jeunesse dans le nord de la Jamaïque à St Ann. C'est le lieu de naissance de deux autres prophètes de la rapatriation : Marcus Garvey et Bob Marley.

Rodney empru
nta son nom à Jomo Kenyatta, héros du "Kenyan Independence and African Liberation" - Behold the Spear Burning - une flamme vive qui éclaire, mais qui aussi frappe de terreur. Elle terrorise les damnés, les faibles dont les actions injustes parviennent à leurs fins. Cette terreur est révélée par la lueur brûlante d'une lance enflammée ; lancée par les mains de Jah le Tout Puissant.

Sur s
cène le message est révélé par la "Lance" (the Spear) par des gémissements plaintifs et des refrains hypnotiques. Souvent il écartera ses bras et tourbillonnera sur scène, un derviche dreadlock. La musique de Spear est définitivement pas "get-down-boogie-all-night party" sans aucun sens. Mais c'est plutôt une musique qui rend le corps conscient de sa respiration naturelle, à la fois psychique and physique, tel qu'à la fin d'un concert réussit il y a une certaine extase devant la foi que sa prestation nous apporte.

Il n'y a p
as que les Chrétiens qui connaissent le renouveau.

Entre le
style africain des questions réponses, et l'implacable ligne de basse qui pénètre notre tête, qui l'a entendu entendra sûrement l'Eternité dans les chansons de Spear.

Dans la vie Winston Rodney porte sur lui d'une manière légère, réservé ; l'allure d'un homme de la campagne qui pourrait sembler à certain presque endormi. S'il va lentement c'est parce qu'il est pensif, prenant le temps d'examiner, de méditer. Tout vient à temps à qui sait attendre. Prenons le temps de peser les mots.
 ★★★ Winston Rodney alias BURNING SPEAR ★★★

# Posté le mardi 04 octobre 2005 18:56

Modifié le jeudi 02 août 2007 16:05

Jacob "Killer" Miller

  ★★★★ Jacob "Killer" Miller ★★★★
C'est la vie d'un chanteur exceptionnel que nous avons choisi de vous raconter. Surnommé le tueur "the killer" ou le plaisantin "the jester", sa vie n'aura pas été très longue, brusquement interrompue à l'âge de 25 ans. Pourtant, son empreinte sur le reggae est indéniable, tant par son style que par son message.
Jacob Miller est la star incontestable de la deuxième moitié des années 70 en Jamaïque, l'époque du Rockers, du Roots Rock Reggae. C'est l'époque durant laquelle bob Marley de son côté devient une star internationale, et passe de long moment loin de son île natale, où il a subit un attentat ; c'est aussi l'époque de la guerre des gangs et des partis politiques. Bob est loin de Jamaïque, et c'est Jacob Miller qui a ce moment deviendra la voix du peuple jamaïcain, en ces périodes troubles mais si riches en créativité.

Forte d'une longue tradition musicale héritée des Usa, de l'Afrique ou de l'Eglise, la Jamaïque fait émerger le reggae en 1968.
Après le ska, pr
emière manifestation de la musique populaire jaùaïcaine, le reggae servira plus encore de défouloir artistique pour de nombreux artistes, découvrant en même temps la musique électrique, la foi, mais aussi une forme de liberté. Le reggae deviendra rapidement le premier vecteur de la contestation sociale.
L'île
est indépendante depuis 1962, l'empereur Haile Selassie I est venu en 1966, et l'année 1968 bouleverse les mentalités comme un peu partout dans le monde.
A partir de 1968, l
'idéologie Rastafari ne concerne plus seulement les jeunes du ghetto, mais une grande partie de la jeunesse jamaïcaine qui y trouve une voie de formulation de leur identité, fortement relayée par le reggae.
M
ais avant de rentrer plus en détail sur cette période passionnante de l'histoire jamaïcaine, revenons sur la vie de celui qui en fut un des plus illustre représentant, Jacob Miller.
A 13 ans à Stu
dio One
C'est dans
les collines de Mandeville que Jacob est né le 4 mai 1955.
Comme de nombr
eux enfants jamaïcains il sera élevé par sa mère Joan Hashman.
De son père, il ne
connaît que le nom, Desmond Elliott, et le pseudonyme qu'il prit lorsqu'il émigra en Angleterre faire une carrière de chanteur, Sidney Elliott. Notons aussi, pour l'anecdote concernant la filiation de Jacob Miller qu'un de ses cousins du côté de son père n'est autre que le chanteur Maxi Priest.

A l'âge de
huit ans, sa mère ne pouvant plus subvenir à son éducation, l'envoie à Kingston chez ses grands-parents où il pourra d'aller à l'école Melrose.
C'est donc
à Rousseau Road, dans les quartiers des classes moyennes, jouxtant Trenchtown qu'il débarque en 1963.

Comme de n
ombreux enfants de son âge, l'école ne le passionne guère, et ce qui l fait vraiment vibrer, c'est la musique, le ska. Passionné, il s'empresse chaque soir à la sortie de l'école, de se rendre autour des studios de la capitale, pour écouter chanter ses idoles Bob Andy, Ken Boothe, Alton Ellis...
Jacob ne se
contente pas d'écouter le ska, il aime aussi chanter, et s'exerce à ses temps perdus avec ses potes (qui ne manquent pas). C'est son ami, et autre grand chanteur des 70's, Al Campbell, qui séduit part sa voix décide de l'amener à Brendford Road chez Coxsone avec le clair objectif d'enregistrer un single, et pourquoi pas un hit même ! Jacob à 13 ans, nous sommes en 1968.

Coxsone Dod
d, le légendaire créateur du Studio One, connaît déjà le jeune Al Campbell qu'il a déjà fait enregistrer, et il accepte d'auditionner l'ami qu'il vient lui présenter. Coxsone est séduit par la voix et le style de Jacob, et il décide dans la seconde de lui accorder sa chance pour enregistrer 2 titres. Al Campbell se rappelait ce moment lors d'une interview avec le artikal crew : "C'est ainsi qu'il a fait ses premiers pas dans la musique avec "Love is a message" et "My Girl has left me" qui fût la première version enregistrée sur le riddim Nanny Goat. Beaucoup de gens croient encore que c'est Larry Marshall et Alvin qui ont sorti le premier Nanny Goat. C'est vraiment un point très important que je soulève ici, car cette chanson a été la première pour laquelle on a utilisé le terme reggae (...) ceux qui racontent qu'ils ont inventé le reggae sont des menteurs, c'est studio One qui a créé ce style avec les deux premiers morceaux de Miller. Sans conteste!"
En fait, si on r
etient surtout la version de Larry Marshall, c'est parce que Coxsone n'a pas vraiment cru en Miller, et malgré le succès d'estime de son "Love is a message", il ne sortira pas son deuxième titre (qu'il s'empressera de rééditer quand Jacob sera plus connu).
Peu
de temps après cette expérience, il enregistre un autre titre chez Bunny Lee, "What more can I do?" écrit par les Cables. Jacob Miller a 13 ans, et est désormais déterminé à devenir chanteur.
Pourtant,
il ne réenregistrera pas avant l'année 1974 et il préférera traîner, et apprendre la vie, sans jamais pour autant arrêter de chanter et de peaufiner son style.
C'est Augustu
s Pablo qui lui réouvrira la porte des studios 6 ans plus tards.
DEVENU UNE LE
GENDE
En
quelques années Jacob Killer Miller devient une des stars les plus populaires de Jamaïque, on le voit au milieu des plus grands noms du reggae dans le film ROCKERS qui immortalise l'époque. Jacob et les Inner Circle sont réellement incontournables, et sont même appelés à représenter la Jamaïque avec "All night, till day Light" mais ne seront finalement pas sélectionnés, car trop dread. On les remarque aussi souvent partager la sne avec les Dennis Brown, Bunny Wailer, Thirld World, Gregory Isaac, Peter Tosh, ou Bob Marley, c'est le Rockers Time, les rastas tiennent la barre du navire.

Jacob Mill
er est jovial et farceur, mais il sait aussi se faire respecter, d'ailleurs on se souvient de cette scène dans le film Rockers, quand Leroy Horsemouth lui vole un peu de nourriture. Chose à ne pas faire!!
Jacob est
également intimement lié à Bob Marley, et de nombreux parallèles rapprochent les deux hommes. En fait leur parcours se complètent réellement, et pendant l'apogée internationale de Marley, c'est Miller qui est la véritable star en Jamaïque, alors que Marley s'éloigne des aspirations de son peuple, cultivant son message à une plus grande échelle.
Depuis l'attentat du 56 Hope Road, Marley s'est éloigné de la Jamaïque et vit à Londres. Ses albums chez Island, trop novateurs, ne connaissent pas le même engouement qu'auparavant dans son île natale, il est en train de définir le reggae moderne. Pendant ce temps, c'est donc Jacob Miller, accompagné de Inner Circle qui soulève les foules et répond aux aspirations populaires.
Une an
ecdote, qui d'ailleurs fait désormais partie de l'histoire, semble plus qu'autre chose révéler cet état des faits entre les destinés de Miller et de Marley. Elle se passe en 1978 lors du One Love Peace Concert.
M
arley n'est pas revenu en Jamaïque depuis l'attentat, et ce concert, en pleine période de guerre civile, marque sa légende, lorsqu'il fait monter sur scène les deux leaders politiques rivaux (Manley et Seaga), symbolisant ici l'unité pour son pays ; mais son image de leader étant tellement incontrôlable, la portée de son acte devint universelle. Et c'est bien de la part de Jacob Miller que viendra l'acte de réunification comme l'entendait le peuple des ghettos. , quand quelques minutes avant le show de Marley, pendant la partie de Inner Circle, Jacob Miller fait monter sur scène et unie les mains des deux chefs de gang rivaux, Claudie Massop et Tony "tek life" Welch.
Très amis,
les 2 hommes devaient faire une tournée ensemble en 1981 au Brésil, accompagnés de Steevie Wonder. Mais le destin en voulu différemment, et en pleine gloire Jacob Miller perd la vie dans un accident de voiture, à l'âge de 25 ans, en mars 1980. L'année d'après c'est Marley qui le rejoindra.
La m
ort de ces deux figures proues du reggae, marque une forte période confusion pour le reggae qui ne retrouvera que trop rarement la créativité des années 70. Dennis Brown, Burning Spear, Peter Tosh, Pablo et de nombreux autres, continueront dans la lancé, mais malgré leur talent immense, aucun d'entre eux n'arriva réellement à reproduire l'émulsion si créative du Roots Rock reggae.
L'
époque Rockers est bel et bien révolue, les DJ arrivent en force et bientôt le Digital. La mort de Marley et de Miller marque la fin d'une ère.
Il ne faut
pas non plus être trop nostalgique, car il est vrai que chaque période apporte ses fruits savoureux , et nous savons tous, que le Roots Rock Reggae reste et restera à jamais d'une force de conviction absolue, et Jacob Miller fait désormais partie de ceux qui connaissent la postérité. RIP

# Posté le mardi 04 octobre 2005 22:23

Modifié le jeudi 02 août 2007 16:06